Les outils de l’ordonnance électronique peuvent réduire le fardeau administratif des médecins

Par Rashaad Bhyat

Comme ça semble être la règle en 2022, pour chaque heure passée à soigner directement mes patients, je dois consacrer de 30 minutes à une heure à des tâches non cliniques. Celles-ci peuvent comprendre la tenue de dossiers et la recherche, la collecte et l’interprétation de données cliniques — en préparation ou à la suite de la consultation d’un patient, ou pour remplir une demande de consultation, par exemple — et des soins préventifs.

Les outils de l’ordonnance électronique peuvent réduire le fardeau administratif des médecins

Je ne suis certainement pas le seul : les répondants au dernier Sondage national sur la santé des médecins de l’Association médicale canadienne disent passer en moyenne 10 heures par semaine à exécuter des tâches administratives. Les Canadiens vivent plus longtemps et, souvent, avec de multiples maladies chroniques. Plus la santé d’un patient présente des problèmes complexes, plus les tâches administratives associées à ses soins prennent du temps.

Prenons l’exemple d’un patient atteint de plusieurs maladies chroniques qui vient me consulter à mon cabinet. Si ça fait un moment que je ne l’ai pas vu, il peut avoir trois ou quatre problèmes médicaux à examiner. L’un peut exiger l’opinion d’un spécialiste, un autre, une analyse sanguine et un autre encore, un changement de médicament. Même si je prévois, dans un élan d’optimisme, que la consultation ne me prendra que 20 minutes, je devrai par la suite mettre le dossier à jour, rédiger et envoyer au spécialiste une demande de consultation accompagnée des rapports d’examens et d’analyses appropriés et programmer des alertes dans mon dossier médical électronique (DME), entre autres tâches qui me prennent de mon temps.

Même une activité aussi simple que la rédaction d’une ordonnance comporte des éléments complexes qui visent à ce que le patient reçoive son médicament rapidement et en toute sécurité. Les réseaux de la santé du pays tout entier sont aux prises avec des pénuries de médecins : il devient donc plus important encore d’adopter des outils de santé numériques qui simplifient les processus inutilement complexes pour que les professionnels de la santé puissent consacrer davantage de leur temps à soigner directement leurs patients. Des outils comme PrescripTIonMC, un service national d’ordonnances électroniques, peuvent simplifier la prescription des médicaments en connectant les prescripteurs aux pharmacies communautaires pour que les ordonnances puissent leur être transmises.

Toutes les fois où un élément quelconque des soins d’un patient est confié à un autre membre de son équipe de soins, par exemple un pharmacien ou un médecin spécialiste appelé en consultation, il est essentiel de maintenir une bonne communication avec les autres membres de son cercle de soins, ce qui peut prendre beaucoup plus de temps que ne se l’imaginent la plupart des gens. Quand on pense que 55 % des adultes de 18 à 79 ans prennent au moins un médicament d’ordonnance par mois (selon Statistique Canada), on peut facilement imaginer le temps que ça finit par représenter. Des outils comme l’ordonnance électronique permettent aux pharmacies de recevoir les ordonnances directement dans leur système de gestion.

Il est également rassurant de savoir que des mécanismes de contrôle ont été intégrés au système pour assurer la sécurité du patient. Au moment d’exécuter l’ordonnance, il arrive souvent à l’équipe de la pharmacie du patient d’avoir des questions ou des craintes lorsqu’un nouveau médicament est prescrit, particulièrement chez les patients dont la maladie est complexe. Jusqu’à présent, le télécopieur demeure l’outil de prédilection du réseau de la santé, auquel s’ajoutent parfois quelques appels téléphoniques. L’adoption d’outils d’intégration des communications cliniques comme PrescripTIonMC, qui privilégient la communication directe entre les professionnels de la santé, permet aux prescripteurs et aux pharmacies d’avoir sans tarder toutes les précisions nécessaires et de s’entendre sur la suite des choses.

Afin de surmonter les difficultés liées à la prestation des soins de santé, l’adoption de pratiques exemplaires et d’outils qui simplifient les tâches quotidiennes est une mesure fondamentale que nous pouvons prendre dès maintenant. L’adoption de l’ordonnance électronique devrait devenir une pratique exemplaire de la gestion des médicaments pour donner aux professionnels de la santé toute la latitude voulue dans leur tâche la plus importante : soigner leurs patients.

Cet article de blogue a été publié au départ dans le Toronto Sun.


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À propos de l'auteur
Rashaad Bhyat

Rashaad Bhyat

Le Dr Rashaad Bhyat est responsable de l'engagement des cliniciens chez Inforoute Santé du Canada. Médecin de famille et grand adepte de la santé numérique, il conseille Inforoute depuis 2011 sur des sujets tels que les soins virtuels, l'adoption et l'optimisation du DME, l'ordonnance électronique, la télésurveillance des patients et l'accès des patients à leurs dossiers médicaux. Il exerce actuellement dans une clinique de médecine familiale dotée d'un DME dans la région du Grand Toronto.