Mots-clés :
  • Soins virtuels
  • Changements climatiques
  • Utilisation du réseau de la santé

Les soins virtuels : un atout dans la lutte contre les changements climatiques

Par Bobby Gheorghiu

Tandis que le monde prend acte des résultats de la COP26 et de l’urgence climatique actuelle, les travailleurs de la santé se font souvent rappeler que leur secteur est lui-même un grand émetteur de gaz à effet de serre. En fait, de récentes études estiment à près de 5 % la contribution de ce secteur à l’empreinte carbone annuelle de notre pays.

Cependant, la sensibilisation à ce problème demeure faible chez les Canadiens d’âge adulte. Selon les plus récentes données du Sondage canadien sur la santé numérique 2021, même si la grande majorité (84 %) d’entre eux se disent préoccupés par les changements climatiques, seulement 38 % savent que les soins de santé contribuent à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Cet écart signale qu’il est grand temps d’augmenter la sensibilisation et d’encourager les cliniciens, les patients et les membres de leur famille à envisager d’autres modes de prestation des soins de santé, qui sont plus écologiques, d’autant plus que le Canada compte parmi les 50 pays qui se sont engagés à mettre en place des réseaux de la santé durables, à l’épreuve des changements climatiques et à faibles émissions de carbone.   

L’une des solutions envisagées est l’utilisation des soins virtuels lorsqu’il est approprié et possible de le faire. Bien sûr, les consultations en personne s’imposent pour certains besoins en santé, mais d’autres rendez-vous peuvent très bien se dérouler virtuellement, par exemple pour le renouvellement des ordonnances, la communication du résultat d’un test diagnostique ou la simple réponse à une question au sujet de la santé. En moyenne, les Canadiens parcourent quelque 16 km pour voir un professionnel de la santé de première ligne. Le remplacement d’une consultation en personne par une consultation virtuelle pour des rendez-vous de ce genre réduit les émissions de gaz à effet de serre attribuables aux déplacements. Et en plus de bénéficier à l’environnement, les soins virtuels procurent des avantages financiers aux patients (en leur évitant des dépenses pour l’essence, le stationnement et la garde des personnes à charge), et ils sont bien plus commodes. Lorsqu’on les extrapole à l’ensemble de la population canadienne, les économies ainsi réalisées peuvent représenter des centaines de millions de dollars.

Certaines initiatives favorables à l’environnement sont difficiles à mettre en place, surtout quand elles supposent des modifications d’emplois, des hausses de taxes et/ou des augmentations des coûts pour les citoyens et les entreprises. Il est rare qu’on trouve un moyen de diminuer les émissions et d’augmenter en même temps la rentabilité et la commodité. C’est pourtant ce que font les soins virtuels, et tout le monde y gagne. Une plus grande sensibilisation des cliniciens et des citoyens aux avantages dont ils s’accompagnent pourrait pousser l’adoption des soins virtuels vers de nouveaux sommets. Et les données semblent appuyer ce point de vue : s’ils savaient que les soins virtuels contribuent à la réduction des gaz à effet de serre, 69 % des Canadiens seraient susceptibles d’opter pour une consultation virtuelle.

En pensant à l’avenir des soins de santé, nous devons en examiner les résultats pour les personnes, les populations et la planète tout entière. Évidemment, les soins virtuels ne sont pas une panacée, mais quand il s’agit de freiner les émissions des gaz à effet de serre, ils peuvent être le remède qui s’impose.

Je tiens à remercier Waldo Beauséjour, d’Inforoute Santé du Canada, et Nicole Simms, du Centre for Sustainable Health Systems de l’Université de Toronto, de leur contribution au présent article.


Vous avez des commentaires au sujet de cet article? Nous aimerions les connaître.

À propos de l'auteur
Bobby Gheorghiu

Bobby Gheorghiu

Bobby Gheorghiu travaille avec divers partenaires des universités et des secteurs public et privé en vue d’établir et de suivre des cibles de rendement pour des initiatives telles que PrescripTIonMD, le service d’ordonnances électroniques du Canada, afin de favoriser l’adoption généralisée des technologies et de démontrer les avantages concrets des investissements en santé numérique. Il est titulaire d’une maîtrise en politique, gestion et évaluation de la santé de l’Université de Toronto.