La Confidentialité, un outil d'interopérabilité

Par Janet Guevara

Les salles d’archives où les dossiers de patients s’empilent jusqu’au plafond appartiennent vraisemblablement à une époque révolue, celle du monde analogique, où il semblait tout simple de protéger la confidentialité des données sur la santé, mais où il était vraiment plus difficile de mettre l’information sur le patient à la disposition de l’ensemble des membres de son cercle de soins, ce qui entraînait des retards et de la frustration et risquait d’avoir des effets négatifs pour sa santé.

Notre réseau de la santé a relégué depuis longtemps les dossiers papier aux oubliettes. Les patients évoluent désormais d’un milieu de soins à un autre et sont soignés par divers professionnels de la santé, et ils s’attendent à ce que leurs données médicales emboîtent le pas. C’est pourquoi il est essentiel, dans un monde où l’on souhaite que les soins soient efficaces et adaptés à chaque patient, que la bonne information soit accessible au bon endroit et au bon moment.  

Autrement dit, il faut qu’un réseau de la santé moderne soit interopérable, et donc que l’information puisse y circuler librement de façon sécurisée. L’interopérabilité profite aux patients et aux professionnels de la santé en permettant aux patients d’accéder à leurs données personnelles et aux professionnels de la santé d’obtenir l’information qu’il leur faut pour donner les soins appropriés. Elle profite aussi au réseau de la santé en facilitant la mesure, les rapports et la recherche.

Par contre, bien des Canadiens s’interrogent – à juste titre – sur les répercussions que peut avoir l’interopérabilité du réseau de la santé sur la confidentialité. Dans les modèles de soins de santé antérieurs, il appartenait à un dépositaire unique de protéger de bout en bout l’information médicale d’un patient. À présent, cette responsabilité peut incomber simultanément à de nombreux dépositaires. Par exemple, un médecin de soins primaires peut vouloir consulter une équipe de spécialistes, ou une coordonnatrice de soins peut former une équipe composée de multiples cliniciens et auxiliaires en santé.

Que fait-on alors? Si des professionnels souhaitent échanger des données personnelles d’un patient pour assurer la prestation de ses soins, comment peuvent-ils le faire sans compromettre leur devoir de confidentialité? Quels sont les droits et recours d’un patient à ce sujet dans un réseau de la santé de plus en plus interconnecté?

Cette évolution de la scène de la santé nous a amenés à publier récemment un document d’information intitulé La Confidentialité, un outil d’interopérabilité : Introduction à la protection des renseignements personnels sur la santé et à l’interopérabilité. Nous y examinons le rôle que joue la protection des renseignements personnels dans la création de systèmes de santé interopérables. On y trouve aussi une introduction à l’interopérabilité, un survol des lois canadiennes sur la protection des renseignements personnels et des approches pratiques pour assurer la confidentialité dans le contexte de l’interopérabilité.

En définitive, les lois sur la protection des renseignements personnels n’interdisent pas l’échange des données sur les patients. Au contraire, elles le facilitent en veillant à ce que les patients et les professionnels de la santé comprennent leur rôle, leurs droits et leurs responsabilités concernant la protection des renseignements personnels.

Vous pouvez télécharger La Confidentialité, un outil d'interopérabilité : Introduction à la protection des renseignements personnels sur la santé et à l'interopérabilité dès maintenant. L’interopérabilité est le point de départ d’un réseau de la santé connecté et axé sur la collaboration. Voyez maintenant en quoi la protection des renseignements personnels en est la pierre angulaire.


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À propos de l'auteur
Janet Guevara

Janet Guevara

Janet Guevara est directrice de la Protection des renseignements personnels d’Inforoute Santé du Canada. À ce titre, elle œuvre au sein de l’équipe Gouvernance, risque et conformité pour répondre aux besoins de l’organisation et soutenir les programmes administratifs en vue de favoriser la conformité et l’adoption efficiente des solutions d’Inforoute. Forte de plus de 15 ans d’expérience en recherche de solutions comme dirigeante stratégique de la protection des renseignements personnels, elle a dirigé la conception, l’adoption et la gestion de programmes de protection des renseignements personnels dans des hôpitaux et possède une solide expérience des enquêtes et audits, de la création de politiques et procédures ainsi que de la formation et l’enseignement dans ce domaine.