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Les visites électroniques, une évolution naturelle des visites chez le médecin?

Publié le 22 jun 2016 par  Dr. Rashaad Bhyat

Récemment, l'un de mes confrères faisait remarquer à quel point sa pratique avait changé depuis qu'il utilisait un dossier médical électronique (DME). Il disait que son travail de médecin de soins primaires pouvait de plus en plus s’effectuer sans la présence du patient.

Par ailleurs, il déplorait le fait que ses patients aient souvent à se déplacer à la clinique simplement pour recevoir leurs résultats (d'analyses de laboratoire, par exemple), alors que cette information aurait pu leur être communiquée de manière plus efficiente, peut-être même virtuellement.

Nous en sommes donc venus au sujet des visites électroniques.

Les « visites électroniques » constituent un moyen de communication sûr par voie numérique entre les professionnels de la santé et leurs patients; elles peuvent prendre la forme de courriels, de messages textes et de vidéoconférences 1 . Cette définition recoupe celles de la télémédecine, de la télésanté et des soins virtuels.

Or, il existe un écart entre l'intérêt des patients pour des services comme les visites électroniques et l'usage qu'en font actuellement les cliniciens, comme le révèle cet article de Jennifer Zelmer et Simon Hagens.

Par exemple, envoyer un courriel à son médecin est beaucoup plus compliqué qu'on pourrait l'imaginer, comme le souligne cet article de Rayar et coll. De plus, selon une enquête de 2013 du Fonds du Commonwealth, seulement 11 % des médecins canadiens utilisaient le courriel pour communiquer avec leurs patients. Et dans le Sondage national des médecins (SNM) 2014, environ 20 % des médecins de famille déclarent utiliser les technologies de la télésanté ou de la télémédecine dans leur cabinet, ce qui indique que la pratique des visites virtuelles tarde à se répandre.

De plus en plus, des Canadiens de toutes générations préfèrent communiquer par messages textes, messages instantanés et vidéos (p. ex. Skype ou Facetime). Pour eux, le téléphone, le télécopieur et même les courriels peuvent paraître dépassés.

Alors, qu'est-ce qui explique ce décalage? Ce n'est pas faute de technologie; la technologie existe bel et bien. Les organisations canadiennes, tant publiques que privées, ont montré que c'était faisable, et le Réseau Télémédecine Ontario n'en est qu'un exemple. Vous en trouverez d'autres ici. D'ailleurs, un grand fournisseur de soins de santé aux États-Unis prévoit que, d'ici 2018, son organisation aura davantage de visites virtuelles que de visites en cabinet.

Il se peut que, entre autres difficultés, que les cliniciens aient du mal à réorganiser et à repenser le déroulement de leur travail en fonction de ces nouvelles technologies, tout en veillant à offrir des soins sûrs et efficaces aux patients ainsi qu’à protéger leurs renseignements personnels et la sécurité des systèmes. Toutefois, le principal obstacle tient souvent au modèle de pratique et au mode de rémunération des médecins, qui évoluent relativement lentement, de sorte qu'il est difficile, même pour les médecins qui le veulent, d'implanter certaines technologies. Les estimations présentées dans un récent rapport de l'ICIS révèlent qu’au Canada par exemple, environ 70 % des médecins sont rémunérés à l'acte (c.-à-d. qu'ils sont payés pour chaque patient traité ou intervention réalisée).

D'après le SNM, 80 % des médecins de famille ne sont pas rémunérés pour les consultations par courriel avec leurs patients. En l’absence de mesures appropriées pour reconnaître la valeur des nouvelles formes de communication, bien des cliniques ont du mal à mettre celles-ci en œuvre.

Les idées fausses sur la façon dont les patients perçoivent les soins virtuels pourraient constituer un autre obstacle à leur adoption. Or, une récente étude sur les visites virtuelles nous permet d’y voir un peu plus clair. D'après cette étude, 93 % des patients qui ont eu une visite virtuelle disent avoir reçu à ce moment-là des soins de grande qualité. Par ailleurs, 98 % sont d’avis que les visites virtuelles sont faciles à utiliser et leur ont fait gagner du temps. Enfin, 91 % des patients estiment que leur plus récente visite virtuelle a bien répondu à leurs besoins immédiats en soins.

Malgré ces obstacles, des groupes cliniques novateurs ont pris les devants et se sont tournés vers les visites électroniques et d'autres outils de soins virtuels. Plus particulièrement, des cliniciens ont mis en place des solutions de messagerie sécurisée, qui sont intégrées à leur système de DME. D'autres cliniques vont encore plus loin, adoptant des modèles de soins entièrement virtuels.

Nous vivons une ère de transformations majeures qui s'opèrent rapidement dans le secteur des soins de santé, et plus particulièrement dans le domaine de la médecine. Au cours des prochaines années, à mesure que la prestation des soins passera des grands établissements à la collectivité et au domicile du patient, la norme en matière de consultation clinique évoluera. Les concepts de visites électroniques et de soins virtuels — soutenus par les changements de politiques nécessaires — joueront un rôle de plus en plus important. La visite chez le médecin telle qu'on la connait ne sera peut-être plus jamais la même. Que pensez-vous des visites électroniques et quelles sont vos expériences à ce sujet?

 

Vous avez des commentaires au sujet de cet article? Nous aimerions les connaître.

https://www.infoway-inforoute.ca/fr/solutions/services-electroniques-de-sante-grand-public/visites-electroniques


rbhyat 100Rashaad Bhyat

Le Dr Rashaad Bhyat est responsable clinique au sein du groupe Adoption clinique, chez Inforoute Santé du Canada. Il est également médecin de famille et s'intéresse tout particulièrement à la santé numérique. Il pratique dans un cabinet de médecine familiale doté d'un DME dans la région du Grand Toronto.

 

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