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La télépathologie au Canada

Publié le 8 juillet 2020 par Nancy Gupta et Sukirtha Tharmalingam

Quand un médecin soupçonne que son patient est atteint d’une maladie, combien de temps s’écoule-t-il entre la biopsie, le diagnostic et le début du traitement? Tout dépend de l’endroit où vous habitez au Canada. Ça peut aller de quelques jours à quelques semaines, voire à plusieurs mois.

Pourquoi une telle variabilité? Possiblement parce que les résultats de biopsie doivent souvent être examinés par des pathologistes surspécialisés, qui ne sont pas très nombreux au Canada (on compte environ 4 pathologistes pour 100 000 habitants; en 2018, il n’y en avait que 1 565 dans tout le pays) et qui pratiquent surtout dans les grandes agglomérations urbaines. Qui plus est, dans le domaine de la pathologie, les résultats font normalement l’objet d’une évaluation par les pairs et d’un deuxième avis, ce qui nécessite habituellement le transport des lames de verre d’un établissement à un autre. Cette étape supplémentaire est susceptible de prolonger l’attente d’un diagnostic pour les patients.

La télépathologie permet de remédier à ces problèmes en donnant accès à distance à des services de pathologie. Grâce à un réseau de télécommunication et à un système de numérisation de lames entières, les pathologistes peuvent examiner des lames virtuelles, ce qui évite le transport des lames de verre. Depuis un certain temps, Inforoute Santé du Canada et ses partenaires provinciaux et territoriaux investissent dans la télépathologie afin d’améliorer la prestation des soins pour les Canadiens.

Pionnier de la télépathologie au Canada, le Dr Andrew Evans a lancé un système de pathologie numérique en 2003 au Réseau universitaire de santé. L’utilisation de la télépathologie a énormément progressé depuis, et elle permet aujourd’hui, par exemple, de fournir des services de pathologie à distance dans les régions rurales et éloignées et de relier les pathologistes à des spécialistes et à des surspécialistes lorsqu’il s’agit de cas complexes.

On peut aussi utiliser la télépathologie pour fournir des services de pathologie d’une province à une autre. La première phase du projet de télépathologie multiprovincial, qui facilite les consultations secondaires entre pathologistes de différentes provinces, soit l’Ontario, le Manitoba et Terre-Neuve-et-Labrador, a été lancé en 2018. Ce projet a donné des résultats très prometteurs jusqu’à maintenant, comme en témoigne le rapport d’évaluation que vous pouvez consulter ici.

Par ailleurs, en plus de relier les membres d’une équipe de soins dispersée géographiquement, la télépathologie augmente l’efficience des flux de travaux. Le Dr Bernard Têtu a été à même de le constater après avoir participé à l’implantation de la télépathologie au Québec : « …les patients sont les premiers à bénéficier de la télépathologie parce qu’elle évite leur transfert; plus besoin de faire des interventions chirurgicales en deux étapes. » Il remarque qu’il y a aussi des avantages pour les pathologistes qui travaillent à distance. « Le pathologiste qui pratique seul n’est plus seul. Comme l’ont dit certains de mes confrères et consœurs, nous avons maintenant des collègues virtuels. »

Bien que cette technologie procure d’immenses avantages, il ne faut pas sous-estimer la nature complexe et dynamique du réseau de la santé. Le leadership organisationnel et la collaboration au sein du trio pathologiste-technologue-chirurgien sont des facteurs tout aussi essentiels à une implantation fructueuse.

Pour en savoir plus sur les différents modèles utilisés pour relier les services de pathologie partout au pays ainsi que sur les impacts et les défis de leur implantation et adoption, lisez notre sommaire.

Vous avez des commentaires au sujet de cet article? Nous aimerions les connaître.


Nancy GuptaNancy Gupta est analyste du rendement chez Inforoute Santé du Canada, où elle appuie la prise de décisions fondées sur des données probantes et évalue l’impact des investissements en santé numérique. Elle est titulaire d’une maîtrise en épidémiologie spécialisée en santé publique de l’Université Lakehead.

 

Sukirtha TharmalingamSukirtha Tharmalingam

Gestionnaire des Méthodes d’évaluation chez Inforoute Santé du Canada, Sukirtha collabore avec divers intervenants et partenaires afin d'évaluer l'impact des investissements en santé numérique.

L’enregistrement de la séance du 13 octobre de l’Événement de l’automne du Partenariat d’Inforoute est maintenant e… https://t.co/dQra0PLSY4

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