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Mythe : L’efficacité des applications de santé numériques n'a pas été prouvée.

Affiché le 18 juillet 2017 par Bobby Gheorghiu

Dernièrement, Inforoute a lancé une campagne visant à dissiper les mythes sur la santé numérique, et nous vous avons invités à nous soumettre des mythes auxquels vous aimeriez que nous nous attaquions. Parmi ceux qui nous ont été proposés, il y a le suivant : « L'efficacité des applications de santé numériques n'a pas été prouvée. » Pour m'aider dans cette tâche de « démolition de mythe », j'ai fait appel à un clinicien et chercheur du monde de la santé numérique, qui s'est fait une joie de m'éclairer sur cette question. Le Dr Kendall Ho est professeur au Département de médecine d'urgence de la Faculté de médecine de l'Université de la Colombie-Britannique. Il a déjà dirigé le bureau de la stratégie de santé électronique de la Faculté, et ses recherches s'articulent autour des technologies numériques qui favorisent des pratiques cliniques novatrices : la télésanté, les technologies prêtes-à-porter, les applications de santé, les médias sociaux et l'engagement des patients. 

Moi :  Dr Ho, à ma connaissance, vous avez l'habitude de prescrire des applications de santé numériques à vos patients. Est-ce qu'elles sont efficaces?

Dr Ho : Généralement, les applications de santé numériques sont prescrites pour plusieurs raisons : 1) améliorer les connaissances du patient; 2) modifier son comportement; et 3) noter les changements. Il existe diverses théories sur les causes d’un changement de comportement, notamment la théorie sociale de l'apprentissage développée par le psychologue canadien Albert Bandura. Selon lui, pour qu'un changement de comportement s'opère, il faut d'abord définir un but, modifier le comportement en question, mesurer et suivre les progrès, puis rajuster le but et apporter d'autres modifications au comportement. Compte tenu de ce cycle, si le fonctionnement d'une application repose sur une théorie comportementale similaire et que chacune de ses composantes a été bien conçue, alors il y a de fortes chances qu'elle soit efficace. 

Moi : Ça me semble tout à fait logique. Toutefois, ne devez-vous pas avoir une solide base de données probantes avant de prescrire en toute confiance une application à vos patients?

Dr Ho : Quand il est question d'applis, on peut difficilement recourir à une approche fondée sur des données probantes, car lorsque quelqu’un procède à un essai clinique aléatoire et en publie les résultats après un à deux ans (ce qui est très optimiste), il se peut fort bien que l'application soit déjà rendue obsolète ou qu’elle ait été considérablement mise à jour pour accueillir de nouvelles fonctions. À preuve, le cas de Pokemon Go (l’an dernier) : cette appli était très populaire en juillet, mais on n’en entendait déjà plus parler en septembre. Des études sur l’application ont commencé à paraître à la fin septembre, et il y en a eu une en décembre. C’est déjà rapide par rapport au délai de publication normal, mais pas assez pour qu’on puisse vraiment appliquer une approche fondée sur des données probantes au cycle d’implantation d’une application.

Moi : Avez-vous des exemples d’applications que vous avez déjà prescrites et qui ont donné des résultats positifs?

Dr Ho : Oui, l’appli Sleep Time : plusieurs patients étaient très heureux de découvrir le nombre d’heures de sommeil dont ils avaient besoin pour se sentir reposés; Heart Rate : une appli qui vérifie à la fois le pouls et la fréquence cardiaque de personnes atteintes de palpitations intermittentes; et Fitness Pal : bien des gens trouvent que cette application les aide à mesurer correctement les portions d’aliments et à maîtriser leur poids. 

Pendant la semaine où je préparais cet article de blogue, j’ai eu l’occasion d’assister au discours de clôture de la Conférence e-Health 2017, à Toronto, qui était prononcé par le Dr Joseph C. Kvedar, dermatologue, vice-président de Partners HealthCare Connected Health et auteur du livre The Internet of Healthy Things. Ses propos rejoignaient bon nombre des commentaires du Dr Ho en ce qui concerne les avantages des applications de santé numériques et la difficulté d’évaluer ce type de technologies, qui évolue à la vitesse grand V. Vous pouvez voir sa présentation ici. (Les personnes présentes à la conférence peuvent y accéder gratuitement, et les autres peuvent l’acheter.)

Vous avez des commentaires au sujet de cet article? Nous aimerions les connaître.


Bobby GheorghiuBobby Gheorghiu

Bobby est gestionnaire, Tendances et Rendement, chez Inforoute Santé du Canada, où il collabore avec différents partenaires pour mesurer l'adoption de la santé numérique et démontrer les avantages des investissements dans ce domaine. Il est titulaire d'une M.Sc.S. en politique, gestion et évaluation de la santé de l'Université de Toronto.

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